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Inéquité... Nécessité... Solidarité ?

Ce texte a été mis en ligne une première fois sur ma Page Facebook

Je suis un peu en colère. Un peu. Ça signifie que je garde un peu de distance tout en ayant le petit coup de fouet nécessaire à ce post.

 

On va d’abord mettre les choses au point : je regrette profondément que, dans ma ville, il n’y ait pas de vrai libraire. Je veux dire, une boutique qui ne soit pas une Fnac ou un cultura, même si je continue à être cliente, parce que moins je donne à manger à Amazon, mieux je me porte. D’ailleurs je jette un œil intéressé aux initiatives de regroupements de libraires qui créent leurs propres plateformes numériques…

 

Mais tout ceci, je le fais parce que je le peux. La limite de ce soutien, c’est la nécessité.

Depuis peu Samantha Bailly, autrice qui bénéficie d’une notoriété grandissante, et qui a déjà été éditée plusieurs fois est la cible d’une véritable déferlante d’insultes sur son mur. Son crime ? Avoir déposé sur la plateforme d’Amazon un livre numérique auto-édité.

 

Pourquoi l’a-t-elle fait ? Tout simplement pour gagner un peu plus de sous. Parce qu’auteur ou autrice, c’est très mal payé. Et que quoi qu'en dise les éditeurs, et bien l'autoédition est plutôt intéressante dans certains cas de figure.

Parallèlement à cela, dans Le Monde, le PDG de Hachette nous exprime sa vision de l’édition et de l’autoédition ou il ne cache même plus son mépris de ce cette dernière, tout en reconnaissant qu’en gros, ils y font leur marché sans envisager le moins du monde de payer correctement les heureux élus. "C'est dur pour tout le monde, ma pauvre dame."

 

Je ne vais pas mettre tous les éditeurs dans le même panier, parce que ce serait injuste, mais la tendance générale n’est pas très encourageante.

 

Je suis en colère parce que les auteurs et autrices autoédité.e.s ont un mal fou à trouver des libraires qui les accepte. Il est vrai qu’ils ont une image déplorable d’incompétence. Mais on ne peut pas dire que l’édition traditionnelle n’a que des chefs d’œuvre à son actif. Elle a cependant les moyens de les placer quand même en rayon. On se prive probablement de quelques perles sur la base de bêtes préjugés.

 

Je comprends que les libraires ne peuvent pas TOUT lire et surtout, qu’ils n’ont pas le temps de s’intéresser aux micros édités. Je peux mêmes comprendre que ce soit pour eux une question de survie de se pencher sur ce qui leur parait viable économiquement. Et la plupart sont très corrects. Mais il yen a un peu TROP qui prennent part à la Shitstorm dont est victimes Samantha Bailly pour que nous ne sourcillions pas.

 

C'est probablement la goutte d'eau qui fait déborder un peu plus le vase déjà ruisselant de notre patience. Le mépris pour l’autoédition et cette injonction à être raisonnable et solidaire envers les autres acteurs d'une chaine du livre dont nous sommes la variable d'ajustement systématique nous fatigue. Autrices et auteurs AUSSI doivent se préoccuper de la survie de leur activité. Nous ne pouvons PAS sombrer pour sauver les autres !

 

Certains prennent les chemins de traverse. Au lieu de les conspuer, on devrait se poser la question du pourquoi.

 

Et à défaut de pouvoir nous soutenir, on aimerait bien que les gens qui prétendent aimer notre travail ne nous enfoncent pas.